Operation Epic Fury
- Rencontres d'Arles 2026
- La Nuit de l'Année
- Papeteries Étienne

Les projets issus d'EYNSO © prolongent une même recherche : faire du corps en mouvement un instrument d'inscription.
Le corps tourne
Le pinceau prolonge
L'encre reçoit l'impulsion
Le papier conserve
À partir du tournoiement soufi, Rana Gorgani développe un langage plastique où le geste ne disparaît plus dans l'instant. Le corps tourne, le pinceau prolonge le mouvement, l'encre reçoit l'impulsion, le papier conserve la trace.
Chaque projet explore une dimension particulière de cette recherche : l'image, la couleur, le souffle, la mémoire, la matière, le visible et l'invisible.
Une performance et trois activations, issues du même axe de rotation.
Face à la violence des images, Rana Gorgani ne cherche pas à représenter le conflit. Elle ouvre un contrechamp.
Les photographies de Maryam Saeedpoor fixent une blessure politique : elles enregistrent, cadrent, arrêtent.
Le tournoiement oppose une présence vivante. Le corps ne commente pas l'image : il la traverse, la reçoit, la déplace.
Performance in situ
La Nuit de l'Année
Rencontres d'Arles 2026
Papeteries Étienne, Arles
Maryam Saeedpoor
Operation Epic Fury est une performance de Rana Gorgani présentée lors de La Nuit de l'Année des Rencontres d'Arles 2026, aux Papeteries Étienne, à Arles. Créée en dialogue avec les photographies de Maryam Saeedpoor, elle confronte le corps aux images de guerre.
Par le tournoiement, le geste devient une forme de réponse silencieuse. La performance se situe entre action painting, calligraphie élargie et mémoire chorégraphique.
La danse devient un acte de résistance sensible : elle transforme l'espace de projection en espace de présence, et fait du geste une trace vivante.
Le corps ne répond pas par le discours.Operation Epic Fury
Il répond par la présence.
Trois couleurs d'encre. La couleur n'est pas un élément décoratif : elle devient un révélateur d'état — intensité, pression, vitesse, suspension, rupture, élan.
Le corps tourne autour de son axe, le pinceau traverse les encres. Les couleurs se rencontrent, se superposent, se contaminent ou se repoussent. Le cercle demeure, mais il n'est plus monochrome : il devient traversé, habité, stratifié.
L'attaque du geste : pression, vitesse, entrée du pinceau dans la matière.
Le temps retenu de la rotation, là où la trace hésite avant de se déposer.
La coupure du mouvement : les encres se contaminent, se repoussent, se stratifient.
Haft Rang © signifie littéralement sept couleurs en persan. Une version plus ample et plus polyphonique d'EYNSO © : les sept encres élargissent la trace vers une cartographie du mouvement.
Chaque couleur devient une fréquence, une intensité, un passage. Le tournoiement ne produit plus une seule empreinte, mais un champ de vibrations où les couleurs apparaissent comme les différentes mémoires d'un même geste.
Les encres peuvent se superposer, se fragmenter, s'effacer, se répondre. Certaines surgissent comme des éclats. D'autres se déposent comme des nappes, des seuils, des halos ou des lignes intérieures.
Rana Gorgani utilise des supports inspirés de la calligraphie chinoise à l'eau : papiers magiques, tapis réutilisables, livres en tissu ou rouleaux d'écriture sur lesquels l'eau fait apparaître une trace sombre, proche de l'encre, avant de disparaître en séchant.
Le pinceau ne dépose pas une encre durable. Il dépose de l'eau. Pourtant, au contact du support, cette eau devient image.
Avec Trace d'Eau ©, Rana Gorgani explore une dimension plus silencieuse et plus méditative de son travail. L'œuvre n'existe pas comme une image fixe : elle existe dans le temps de son apparition.
Elle se transforme sous les yeux du regardeur, pâlit, s'évapore, jusqu'à ne laisser aucune trace matérielle permanente. Ce procédé interroge ce que l'on retient d'un geste lorsque son empreinte disparaît.
Le projet approfondit le lien entre respiration, tournoiement et perception. Dans la danse soufie, le souffle prépare le corps, soutient l'axe, accompagne la rotation et permet au mouvement de se prolonger dans la durée.
Le corps tourne, le pinceau touche la surface, l'eau révèle une ligne sombre. Cette ligne apparaît comme une respiration visible, puis disparaît comme une expiration.
L'eau devient encre. L'encre devient souffle. La trace devient mémoire.
Les supports utilisés réagissent à l'humidité : ils transforment l'eau en trace visible, puis retrouvent leur état initial en séchant. Le papier ne se comporte plus comme une surface passive — il réagit, absorbe, révèle, efface.
Il devient une peau sensible, capable de recevoir le passage du pinceau sans le retenir définitivement. L'artiste ne travaille plus seulement avec la matière, mais avec son effacement.
Le pinceau n'est pas seulement guidé par la main : il reçoit l'impulsion de la rotation, de l'axe, du poids, du souffle. Le geste calligraphique devient chorégraphique, et le corps devient l'origine de la ligne.
Mais ici, la ligne ne se fixe pas. Elle apparaît dans une intensité brève, puis se retire. Trace d'Eau © fait apparaître une calligraphie du passage : une écriture qui ne cherche pas à posséder la forme, mais à révéler son apparition.
Papiers magiques, tapis réutilisables, rouleaux
Eau, révélée puis évaporée
Le temps de l'apparition
Aucune — la mémoire seule
L'œuvre n'est plus seulement ce qui est visible. Elle est aussi ce qui est en train de disparaître.Trace d'Eau ©
Performances, activations en institution, résidences, commandes de traces : indiquez le lieu, la date et le contexte.